Remplacer la consommation par l’investissement

Aperçu

À 35 ans, John et Caroline incarnent une trajectoire patrimoniale incroyable. Et si la liberté financière ne reposait pas sur des revenus exceptionnels, mais sur une succession de décisions ordinaires ? Dans un contexte où la consommation est présentée comme une récompense immédiate, peu prennent le temps de mesurer ce qu’ils sacrifient à long terme. Le parcours de John et Caroline illustre une réalité puissante : remplacer une partie de la consommation par l’investissement n’est ni réservé à une élite, ni incompatible avec une vie confortable. C’est une question de méthode, de temps et de discipline.

Très tôt, John et Caroline se rapprochent d’un conseiller financier indépendant, pour éviter les conflits d’intérêt. Il réalise chaque année leur bilan patrimonial gratuitement, jusqu’à ce que leur patrimoine dépasse 50 000 € brut, après l’achat de leur résidence principale.

Leur histoire débute à 18 ans, avec leurs premiers salaires, 1 400 €/mois net chacun. Ils ouvrent un PEA où ils placent chaque mois 200 € et versent 100 € sur leur livret A, soit un effort d’épargne individuel de 150 €. Les 100 € constituent leur réserve de sécurité. Ils peuvent aller les rechercher en cas d’imprévu. Les 200 € sont une charge fixe, intouchable. Quoi qu’il se passe, l’avenir a une place. Entre leur 18 et 28 ans, ils ont déposé 24 000 € sur leur PEA, estimé en 2018 à 34 933.29 €.

En 2018, leur carrière évolue. Ils deviennent cadres et perçoivent chacun 2 200 €/mois net. Ils décident de remplacer leur loyer par l’achat de leur résidence principale pour une valeur de 110 000 €, financée à crédit, avec un apport de 11 000 € qu’ils retirent de leur livret A. Ils attendent 1 an avant d’augmenter leur niveau de vie pour garder leurs bonnes habitudes.

Leur augmentation est de 800 € chacun (2 200 – 1 400). Ils continuent à vivre avec 1 250 € chacun (1 400 – 150 placé) + 200 € issue de leur augmentation, soit 1 450 € chacun. Ils ajoutent 300 €/mois sur leur PEA, soit un effort individuel de 150 €/mois et un placement mensuel global de 500 €.

450 €/mois/personne, le reste de leur augmentation (800 - 200 – 150) est conservée sur leur livret A, dans l’attente de pouvoir évaluer concrètement les besoins financiers nécessaires à l’entretien de leur nouvelle maison, soit une réserve mensuelle de 1000 €/mois sur livret A (450*2+100 initial).

En 2020, leur PEA est valorisé à 53 3078.68 €. Ils ont un peu entamé leurs réserves et disposent de 20 000 € sur leur livret. A cette date nait Timéo. John et Caroline décident d’augmenter à nouveau leur niveau de vie. Ils ajoutent 300 €/mois à leur train de vie et les retirent des versement sur livret (1 000 – 300 = 700). Leur revenu passe à 1 450 x 2 + 300 = 3 200 € et les versements mensuels sur livret à 700 €.

Ils ouvrent une assurance vie pour financer les études de leur fils. Ils décident de laisser 3 mois de dépenses courantes sur livret A soit 9 600 € (3 200 x 3) et placent le reste, 10 400 € en unités de compte à 100 % sur l’assurance vie, dont la valorisation annuelle est estimée à 7%. Ils abondent leur contrat de 500 €/mois précédemment versés sur livret A. Ils versent donc chaque mois 500€ sur PEA, 200 € sur leur livret et 500 € sur l’assurance vie.

En 2025, après 17 ans, leur PEA est valorisé à 113 959.62 € ; après 5 ans l’assurance-vie vaut 49 090.97 € et ils disposent de 21 600 € sur livret, avec lesquels ils envisagent de financier l’apport d’un futur bien immobilier locatif. Après 17 ans, si l’on devait compter combien ils n’ont pas utilisé immédiatement et donné au futur :

-        Ils ont versé sur leur livret : 100€/mois entre 2008 et 2018, 1000€/mois entre 2018 et 2020, 200€/mois entre 2020 et 2025, soit 48 000 € ;

-        Ils ont versés sur leur PEA : 200€/mois entre 2008 et 2018, 500€/mois entre 2018 et 2025, soit 49 200 € valorisés 113 959.62 € ;

-        Ils ont versé sur leur assurance-vie : 500 €/mois entre 2020 et 2025, soit 30 000 €, valorisés 49 090.97 €.

Pour aller plus loin, nous pouvons pousser les simulations jusqu’aux 17 ans de Timéo pour l’assurance vie destinée à ses études et jusqu’à la retraite pour le PEA. Timéo aura 17 ans en 2037 soit un horizon d’investissement de 12 ans. L’on va considérer que nous souhaitons arriver à une répartition 50% unités de compte et 50% fond euros en 2037. En termes de rentabilité, on va supposer 7% sur 9 ans et respectivement 6%, 5% et 4% jusqu’à l’année 12. Cela correspond à l’effet sur la rentabilité globale de l’arbitrage vers des placements à faible risque.

Soit 162 119.68 € en 2034 devenus 206 448.76 € en 2037, de quoi faire le métier de ses rêves et démarrer confortablement dans la vie.

Concernant le PEA, si John et Caroline souhaitent arrêter de travailler à 60 ans, leur horizon d’investissement est de 25 ans. L’on va considérer que les 20 prochaines années peuvent être utilisées pour de la performance, admettons à 8.1% et les 5 dernières pour sécuriser, respectivement à 7%, 6%, 5% et 4% pour arriver à 3% en année 25. Cela correspond à l’effet sur la rentabilité globale de l’arbitrage vers des placements à faible risque.

Soit : 818 716.42 € dans 20 ans devenus 1 076 948.05 € dans 25 ans. Notez que le PEA ne peut aller au-delà de 150 000 €. John et Caroline devront donc changer de support durant cette période, en passant sur un compte titres par exemple. Arrivés à la retraite ils peuvent laisser le capital à 3% et en retirer la valorisation annuelle soit 32 308.44 € ou se faire plaisir, au choix.

Depuis l’achat de leur résidence principale en 2018, leur patrimoine a dépassé 50 000 € brut. Ils renouvellent donc leur bilan patrimonial pour 200€/an. Ce montant modeste leur offre un bénéfice majeur : la tranquillité d’esprit. Même en période de tensions économiques, ils savent qu’ils prennent des décisions rationnelles.

Le parcours de John et Caroline montre que le patrimoine ne se construit ni par hasard, ni par miracle. Il est le résultat d’arbitrages répétés, discrets, mais toujours orientés vers l’avenir. En acceptant de ne pas tout consommer immédiatement, ils ont progressivement transformé des revenus ordinaires en sécurité, puis en liberté. L’accompagnement d’un professionnel indépendant leur a permis d’avancer sans pression commerciale, d’éviter les décisions émotionnelles et de conserver un cap, même dans les périodes d’incertitude économique.

Cette histoire n’est pas un modèle à copier à l’identique, mais une invitation à réfléchir autrement : chaque euro dépensé est un choix, chaque euro investi est une promesse faite au futur. A long terme, ce sont ces choix silencieux, presque invisibles, qui offrent la plus grande tranquillité d’esprit.

Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine

Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,

Carcassonne, Occitanie, France

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