Financer les études de Nolan 2 ans, en bourse, sans pari hasardeux

Aperçu

Quand Nolan entrera dans l’enseignement supérieur, il aura 17 ou 18 ans. Autrement dit, ses parents disposent aujourd’hui d’un horizon d’investissement de 15 ans pour anticiper le coût de ses études. C’est suffisamment long pour utiliser les marchés financiers de manière rationnelle. Mais pas assez long pour improviser.

L’objectif affiché est clair : viser une rentabilité annuelle moyenne de 8,1 %. Commençons par lever un malentendu fréquent. 8,1 % par an ne signifie pas 8,1 % tous les ans. En bourse, il y aura des années à +20 %, d’autres à -10 %, parfois -20 %. Ce qui compte, c’est la moyenne annualisée sur la durée, appelée taux de rendement annualisé.

Historiquement, les grands indices actions (actions européennes ou mondiales, dividendes réinvestis) ont délivré sur une longue période des performances comprises entre 7 et 9 % par an. Retenir 8,1 %, c’est donc faire une hypothèse réaliste mais exigeante, à condition de rester investi et discipliné.

Quel support ? Les actions mais pas n’importe comment. Pour atteindre ce niveau de performance sur 15 ans, il n’y a pas 36 solutions : une exposition majoritaire aux actions, via des supports diversifiés. Concrètement, cela signifie :

-        investir via des ETF (fonds indiciels) larges, peu chargés en frais,

-        être exposé à plusieurs zones géographiques (Europe, États-Unis, pays émergents, monde),

-        éviter la concentration sur quelques titres ou paris sectoriels.

Les frais jouent ici un rôle clé. Une différence de 1 % de frais annuels peut, sur 15 ans, amputer le capital final de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pour financer des études, ce serait absurde.

Le moteur principal ? La régularité. La stratégie la plus robuste pour Nolan repose sur des versements programmés mensuels ou trimestriels. Peu importe le montant exact, tant que la règle est tenue. Parce que l’investissement régulier lisse les points d’entrée. Il réduit le risque d’investir au mauvais moment et neutralise en partie la volatilité. C’est une approche sans éclat, mais redoutablement efficace. On n’essaie pas de deviner le marché. On l’utilise.

Le temps + les intérêts composés = le vrai levier. Sur 15 ans, les intérêts composés commencent réellement à jouer. Les gains générés produisent eux-mêmes des gains. Ce mécanisme explique pourquoi les dernières années pèsent souvent plus que les premières dans la performance finale.

C’est aussi pour cette raison qu’il est crucial de ne pas sortir du marché à la première crise. Une année négative ne remet pas en cause une stratégie à 15 ans. Une sortie précipitée, si.

Et la sécurité dans tout ça ? À mesure que Nolan se rapproche de l’âge des études, la stratégie doit évoluer. On ne sécurise pas tout dès le départ mais progressivement. Sur les 5 dernières années, il devient pertinent de réduire l’exposition aux actions, d’orienter une partie du capital vers des supports moins volatils et de figer progressivement le budget destiné aux études. L’objectif n’est plus la performance maximale mais la disponibilité du capital au bon moment.

En gestion de patrimoine, la réussite consiste à anticiper calmement ce que l’on ne veut pas subir plus tard. En supposant que les parents de Nolan réussissent à réunir 15 000 à 30 000 € avec des versements de 50 à 100 € par mois, cela ne fera pas de lui un rentier fortuné pendant ses études. Mais peut-être pourra-t-il choisir une voie qui lui aurait été plus difficilement accessible avec moins de fonds.

Et obtenir 8,1 % par an sur 15 ans en bourse n’a rien d’un coup de chance. C’est le résultat d’une exposition cohérente aux actions, de frais maîtrisés, de versements réguliers, d’une discipline émotionnelle, et d’un pilotage progressif du risque. Pour Nolan, l’enjeu n’est pas de « gagner en bourse ». Il est de transformer le temps en solution financière, pour que ses études soient un choix, pas une contrainte.

Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine

Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,

Carcassonne, Occitanie, France

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