SCI : une bonne idée pour Marc, 29 ans, menuisier indépendant ?

Aperçu

La SCI est souvent présentée comme un passage obligé dès qu’on parle d’investissement immobilier. Pourtant, selon le profil et les objectifs, elle peut être un excellent outil patrimonial ou une structure inutilement lourde. Le cas de Marc illustre bien cette frontière. Marc a 29 ans. Il est menuisier à son compte, célibataire, sans enfants. Il souhaite investir dans l’immobilier pour se constituer un patrimoine. La question n’est pas : la SCI est-elle une bonne idée ? mais bien : dans quel cas la SCI a-t-elle un intérêt, et dans quel cas non ?

Avant toute décision, Marc doit répondre à quelques questions simples :

-        Investit-il seul ou à plusieurs ?

-        Souhaite-t-il transmettre ce patrimoine un jour ?

-        Accepte-t-il une gestion administrative et comptable plus lourde ?

-        Cherche-t-il avant tout de la rentabilité ou de la structuration patrimoniale ?

-        Veut-il protéger son patrimoine personnel de son activité professionnelle ?

Ce sont ces réponses et non l’outil lui-même qui orientent le choix. La SCI peut tout à fait avoir du sens dans le cas de Marc si certaines conditions sont réunies.

1. Un projet de transmission à long terme. Même s’il n’a pas encore d’enfants, Marc peut déjà réfléchir à l’avenir. La SCI permet de détenir un bien via des parts sociales, transmissibles progressivement. Si son objectif est de préparer un patrimoine pour ses futurs enfants, la SCI offre une souplesse patrimoniale réelle, notamment pour organiser la transmission dans le temps.

2. La protection de son patrimoine personnel. Marc est artisan indépendant. Son activité professionnelle comporte des risques (litiges, difficultés économiques). Loger l’immobilier dans une SCI distincte de son activité peut contribuer à séparer patrimoine privé et risques professionnels, à condition que la structure soit correctement pensée et financée.

3. Une capacité à assumer l’administratif. Créer une SCI implique statuts, assemblées, comptabilité, déclarations. Si Marc est à l’aise avec cette charge ou accepte d’en déléguer la gestion, la SCI devient un outil viable. Si au contraire il cherche la simplicité, elle peut vite devenir contraignante.

À l’inverse, dans les situations suivantes, l’investissement en nom propre est plus simple et fiscalement plus adapté à une phase de construction patrimoniale. La SCI peut être inadaptée si :

-        Marc investit seul, pour générer du revenu locatif, sans objectif de transmission clair.

-        Il souhaite avant tout de la souplesse, notamment pour revendre, arbitrer ou refinancer.

-        Il recherche une optimisation fiscale immédiate, en pensant que la SCI est une solution miracle.

-        Il débute dans l’investissement immobilier et n’a pas encore testé sa capacité à gérer un bien.

Dans l’absolu, l’idée d’une SCI pour Marc peut se tenir s’il accepte la gestion, s’il anticipe une transmission, s’il souhaite protéger son patrimoine personnel de son activité professionnelle. En revanche, si son objectif est simplement d’acheter un premier bien pour se lancer, la SCI n’est pas une obligation, ni même toujours un bon choix. En gestion de patrimoine, la SCI n’est jamais une fin en soi mais un outil. Et comme tout outil, il devient performant uniquement lorsqu’il est utilisé de manière cohérente.

Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine

Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,

Carcassonne, Occitanie, France

Précédent
Précédent

Financer les études de Nolan 2 ans, en bourse, sans pari hasardeux

Suivant
Suivant

Marie, 38 ans, 1 500 €/mois