Marie, 38 ans, 1 500 €/mois

Aperçu

Marie a 38 ans. Elle est mère célibataire, gagne 1 500 € par mois, loue un studio depuis son divorce. Autrement dit : elle fait partie des gens qui gèrent en permanence et qui s’arrangent pour avoir rempli le réfrigérateur le 15 du mois. Alors non, on ne va pas lui dire de constituer tranquillement « trois mois de dépenses » sur un livret. Ce serait élégant sur le papier, beaucoup moins dans la vraie vie. Rassurons-nous donc : Marie n’est pas en retard. Elle est simplement dans le réel. Et sa situation ne l’exclut pas de l’investissement, bien au contraire.

Quand on vit à flux tendu, la priorité n’est pas de mettre de côté. La priorité, c’est de tenir jusqu’à la prochaine paie. Et dans ce contexte, la bonne stratégie n’est pas idéale, elle est praticable.

L’erreur classique, c’est d’attendre d’avoir de la marge. On entend souvent : « J’investirai quand j’aurai réussi à mettre de côté ». C’est une phrase très rassurante et très efficace pour ne jamais commencer. Parce que la marge n’apparaît pas par miracle. Elle se crée lentement, en mettant en place des règles simples.

Marie n’a pas besoin de faire plus. Elle a besoin de faire un peu, mais tout le temps. La méthode qui ne fait pas peur : deux petits virements, pas de grands discours. Le principe est simple, presque anodin. Tellement simple qu’on pourrait croire qu’il ne sert à rien. Et pourtant. Chaque mois, juste après la paie :

-        10 € sur un livret. De l’argent qu’elle peut récupérer si la fin de mois est compliquée. Pas un « matelas », pas une épargne parfaite. Juste un filet.

-        10 € sur un PEA ou une assurance vie. Cet argent-là, on fait comme s’il n’existait pas. Il est destiné au futur, à la retraite, à plus tard justement.

13 845.87 €, c’est le montant que Marie peut atteindre avec 10€/mois placé à 8.1% pendant 30 ans, en bourse donc. Aurait-elle pu mettre cet argent « de côté » dans sa situation ? La réponse est non. 10€ par mois pendant 30 ans, c’est 3 600€. L’écart parait vertigineux ? Exact, parce que Marie a utilisé 3 atouts : le temps, le rendement et les intérêts composés.

20 € par mois ce n’est pas ambitieux, c’est réaliste et surtout c’est tenable. Ce que cela change sans qu’on s’en rende compte. Au début rien et c’est justement ce qui rassure. Marie ne se met pas en danger. Elle garde la main. Elle peut reprendre sur son livret si besoin. Le frigo reste plein (ou presque) et les factures passent.

Mais quelque chose se met en place. Elle cesse de dépendre uniquement de son salaire pour l’avenir. Elle crée une frontière mentale entre l’argent du mois et l’argent du futur. Là s’installe une régularité. Et la régularité sur 20 ou 25 ans, fait bien plus que des bonnes intentions.

Pour Marie, le vrai risque n’est pas de faire trop peu mais de ne pas investir du tout. La retraite n’attendra pas que ce soit plus confortable. Elle arrivera quand même. Alors autant l’aborder comme on gère déjà le quotidien : prudemment, concrètement, sans se raconter d’histoires. Marie n’a pas besoin d’une stratégie parfaite. Elle a besoin d’une stratégie qui passe le 15 du mois. Et ça, elle peut déjà le faire. Oui, 13 845 € pour compléter une retraite ce n’est pas grand-chose. Mais c’est amplement mieux que rien quand chaque fin de mois grignote votre rêve de liberté financière.

 

Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine

Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,

Carcassonne, Occitanie, France

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