Biais cognitifs et pièges à éviter en bourse

Aperçu

Investir n’est jamais un acte purement rationnel. Derrière chaque décision d’achat ou de vente se cachent des réflexes psychologiques profondément humains, parfois utiles mais souvent pièges. Comprendre cette dimension est indispensable pour piloter sereinement une stratégie patrimoniale. Vous l’avez constaté au fil des marchés, la performance dépend autant des choix techniques que de la discipline émotionnelle.

L’un des biais les plus courants est le biais de confirmation. Nous cherchons des informations qui valident nos intuitions et ignorons celles qui les contredisent. L’investisseur convaincu qu’un secteur va croître filtrera inconsciemment tout signal négatif.

Pourtant, comme nous l’avons rappelé dans nos articles sur la diversification et les fonds d’investissement, il n’existe aucun actif infaillible. S’obliger à confronter systématiquement son opinion au risque réel du marché est une démarche de protection indispensable.

Vient ensuite l’aversion aux pertes, ce mécanisme qui nous fait ressentir une perte deux fois plus intensément qu’un gain équivalent. Ce biais pousse nombre d’investisseurs à conserver trop longtemps un titre en baisse « en attendant qu’il remonte », alors même que leur stratégie initiale exigeait un arbitrage.

À l’inverse, certains vendent trop tôt un titre performant pour « sécuriser » un gain minime, au détriment de leur performance globale. Ici encore, la planification, notamment la répartition par classes d’actifs, zones géographiques et niveaux de risque, protège de décisions impulsives.

Un autre piège classique est l’effet de mode. Les marchés regorgent de tendances éphémères. Il s’agit d’un secteur en vogue, d’une devise qui s’apprécie ou encore d’un indice qui enchaîne les records.

La tentation est grande de suivre le mouvement pour « ne pas rater l’opportunité ». Pourtant, comme dans la gestion active-passive évoquée précédemment, une stratégie /solide n’a pas vocation à courir derrière les tendances mais à les intégrer de manière proportionnée et réfléchie. Souvenons-nous : le risque est l’élément rémunérateur. Ce n’est pas parce qu’un actif monte que son potentiel futur est favorable.

On trouve également le biais d’ancrage, qui consiste à se fixer sur un prix passé : « Cette action valait 80 €, elle y reviendra ». Mais les marchés ne regardent jamais en arrière. Ils reflètent l’information présente, pas la valeur passée. Se libérer de cet ancrage, c’est accepter d’évaluer un titre pour ce qu’il est aujourd’hui, pour ses fondamentaux, son secteur et sa volatilité.

Enfin, il existe le biais de sur-confiance, particulièrement dangereux en période de hausse prolongée. Certains investisseurs interprètent une série de décisions heureuses comme la preuve d’un « talent », et augmentent leur exposition au risque sans en mesurer les conséquences.

Pourtant, comme nous le rappelons souvent, « le malheur des uns fait le bonheur des autres », et les erreurs des uns sont une plus-value pour les autres. Les marchés récompensent la constance pas la témérité, alors prudence.

Comment se protéger ? Par la méthode. Définir une stratégie patrimoniale avant d’investir puis s’y tenir. Diversifier ses actifs, ses zones géographiques et ses supports. Proportionner chaque investissement, accepter la volatilité ; et surtout, investir pour le long terme, non pour l’instant. Un bon investisseur n’est pas celui qui évite toutes les erreurs, mais celui qui comprend que les biais cognitifs influencent ses choix. La psychologie de l’investisseur n’est pas un détail, c’est l’un des piliers d’une gestion de patrimoine stable et durable.

 

Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine

Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,

Carcassonne, Occitanie, France

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