Le bêta expliqué par Emma, 36 ans, investisseuse internationale de long terme
« Quand j’ai commencé à investir à l’international via un compte-titres, je pensais surtout en termes de performance. Avec le temps, j’ai compris que la vraie question n’était pas seulement combien je peux gagner, mais comment mon portefeuille réagit quand les marchés bougent. C’est là que j’ai découvert le bêta. » Emma a 36 ans. Elle investit sur les marchés financiers internationaux avec un horizon supérieur à 20 ans. Comme beaucoup d’investisseurs de long terme, elle accepte la volatilité, mais refuse de la subir sans la comprendre.
Qu’est-ce que le bêta, concrètement ? « Pour moi, le bêta, c’est un indicateur de réaction. Il me dit comment un actif ou un portefeuille se comporte par rapport au marché global. »
Le bêta mesure la sensibilité d’un actif aux variations d’un indice de référence. Un bêta de 1 signifie que l’actif évolue comme le marché. Un bêta supérieur à 1 indique un actif plus volatil : il amplifie les mouvements. Un bêta inférieur à 1 correspond à un actif plus défensif. « J’ai compris que le bêta ne parlait pas de rendement, mais de risque de marché. Et ça change tout. »
Pourquoi le bêta est central dans une stratégie long terme ? Avec un horizon d’investissement de plus de 20 ans, Emma sait que les crises sont inévitables. Mais elle sait aussi que le temps est son allié. « Avoir un horizon long ne veut pas dire investir à l’aveugle. Je peux accepter un bêta élevé, mais seulement si c’est un choix stratégique. »
Le bêta lui permet :
- d’évaluer la sensibilité globale de son portefeuille aux marchés mondiaux ;
- de comprendre pourquoi certaines années sont très performantes et d’autres beaucoup plus difficiles ;
- d’équilibrer son exposition entre actifs offensifs et plus résilients.
« Pendant les phases de baisse, je sais à quoi m’attendre. Je ne panique pas, parce que j’ai choisi ce niveau de risque. »
Comment Emma utilise le bêta en pratique ? « Je ne calcule pas moi-même le bêta. Je m’appuie sur les données fournies par les sociétés de gestion et mon conseiller. Mais je regarde toujours le bêta dans son contexte. »
Le bêta est en effet calculé à partir des rendements passés, par comparaison avec un indice. Il évolue dans le temps et dépend du marché de référence choisi. Emma le sait : un bêta n’est jamais une vérité absolue. « Ce qui m’importe, ce n’est pas le bêta d’une action isolée, mais le bêta de mon portefeuille global. »
Elle combine ainsi :
- des actifs à bêta élevé pour capter la croissance mondiale,
- des supports plus modérés pour amortir les phases de stress,
- une diversification géographique qui réduit le risque de dépendance à une seule zone.
Les limites à ne pas oublier. « Le bêta ne mesure pas tout. Il ne parle ni de la qualité d’une entreprise, ni de sa valorisation, ni des risques spécifiques. » C’est pourquoi Emma ne l’utilise jamais seul mais dans une approche globale de son portefeuille.
« Pour moi, le bêta n’est pas un chiffre technique réservé aux professionnels. C’est un outil de lucidité. Il m’aide à rester investie, alignée avec mes objectifs, même quand les marchés deviennent inconfortables. » Le bêta ne supprime pas le risque. Il permet simplement de le comprendre, de l’assumer et de l’intégrer intelligemment dans une stratégie patrimoniale de long terme. Et c’est précisément là que le conseil en gestion de patrimoine prend tout son sens.
Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine
Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,
Carcassonne, Occitanie, France