Jean, 43 ans, artisan dans la rénovation : l’impact de la taxe carbone sur son activité

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Je m’appelle Jean, j’ai 43 ans. Je suis artisan dans la rénovation depuis plus de quinze ans. Ma voiture, je la prends tous les jours. Les matériaux, je les achète toutes les semaines. Et les taxes, je les paie tous les mois. On entend souvent parler de « taxe carbone », comme si ça ne concernait que l’essence ou le fioul. Moi sur le terrain, je peux vous dire que ce n’est pas si simple. Ce qui arrive vraiment en 2026, ce n’est pas une taxe visible sur un ticket de caisse, c’est une hausse progressive des prix, partout où on utilise des matériaux et de l’énergie.

A partir du 1er janvier 2026, l’Union européenne met en place un mécanisme appelé MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières). En clair, certains produits importés vont coûter plus cher parce qu’on leur applique un prix du carbone. Ça concerne directement le ciment, l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité, l’hydrogène.

Pour moi, artisan, ce n’est pas théorique. Le ciment, l’acier, l’alu, j’en mets partout : structures, menuiseries, toitures, équipements. Quand ces matières augmentent, les devis montent, et ce n’est pas parce que je margerais plus, c’est parce que mes coûts explosent. Et même quand les matériaux ne viennent pas directement de l’étranger, toute la chaîne est touchée.

C’est pareil pour l’alimentation. Les engrais sont concernés par le mécanisme. Résultat : les coûts agricoles montent, et à la fin, le panier de courses suit, même si ce n’est pas du jour au lendemain.

L’énergie aussi est concernée, notamment l’électricité importée. Là encore, ce n’est pas automatique, mais ça ajoute une pression de plus sur les prix. Et pour l’essence et le chauffage, ce sera la prochaine étape, avec un nouveau marché carbone prévu autour de 2028. Autrement dit : 2026, c’est l’année où les coûts de production montent ; la suite touchera encore plus directement le quotidien.

Face à ça, j’ai fait un choix. J’ai compris que consommer comme avant n’avait plus de sens. Trop de taxes, trop de charges, trop de prélèvements invisibles sur mon budget. Alors j’ai arrêté d’acheter « pour me faire plaisir ». J’ai arrêté de laisser mon argent dormir.

J’ai commencé à investir. Pas pour jouer, ni spéculer, mais pour ne pas me laisser dépasser. Parce que quand les dépenses augmentent structurellement, ne rien faire, c’est perdre. L’inflation, carbone ou pas, mange l’épargne de ceux qui la laissent sur des comptes sans rendement.

Investir en bourse, de manière raisonnée et sur le long terme, c’est devenu pour moi une question de survie patrimoniale. Faire travailler mon capital pendant que je travaille moi-même. Accompagner les entreprises qui s’adaptent, qui innovent, qui traversent ces transitions plutôt que de les subir. Aujourd’hui, je consomme moins. Mais je construis plus. Et dans un monde où tout coûte plus cher, investir n’est plus un luxe : c’est une nécessité.

 

Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine

Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,

Carcassonne, Occitanie, France

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