Quand j’ai compris la fiscalité du patrimoine en Suisse, le témoignage d’Alexandre

Je m’appelle Alexandre. Je suis Français, saisonnier dans les stations de ski en Suisse, et investisseur en actions depuis plusieurs années. Quand je suis arrivé en Suisse pour travailler l’hiver, je pensais surtout au salaire. Mais très vite, j’ai réalisé que la vraie différence se jouait ailleurs : dans la manière dont le patrimoine est fiscalisé.

Commençons par l’impôt sur le revenu. En Suisse, je paie un impôt fédéral, cantonal et communal. Dans mon canton, mon taux marginal maximal tourne autour de 25 à 30 %. Mais ce chiffre est trompeur. Avec les déductions de cotisations de prévoyance, frais professionnels, assurances, mon taux effectif réel est plus proche de 18 à 20 %. En France, à revenus comparables, j’étais bien au-delà.

Mais ce qui m’a vraiment frappé, c’est la fiscalité du capital. En tant qu’investisseur en actions, c’est central pour moi. D’abord, les dividendes. Ici, pas de flat tax à 30 %. Les dividendes sont intégrés au revenu imposable, mais avec une imposition partielle. Selon le canton, seulement 50 à 70 % des dividendes sont taxés. Résultat : avec mon taux global, mes dividendes supportent un taux effectif compris entre 10 et 15 %. C’est deux à trois fois moins que ce que je payais en France.

Ensuite, et c’est le point décisif pour un investisseur : les plus-values mobilières privées sont exonérées d’impôt. Oui, exonérées. Tant que l’administration considère que je gère mon portefeuille à titre privé, ce qui est mon cas, le taux est de 0 %. Quand je vends une action avec une plus-value de 10 000 francs, je garde 10 000 francs. Point final. Pour quelqu’un qui investit régulièrement, l’impact à long terme est colossal.

On me parle souvent de l’impôt sur la fortune pour relativiser. Il existe, c’est vrai. Mais il est faible et prévisible. Dans mon canton, le taux maximal est d’environ 0,3 à 0,5 % par an sur la fortune nette. Sur un patrimoine financier de 300 000 francs, je paie entre 900 et 1 500 francs par an. Ce n’est pas indolore, mais ce n’est ni confiscatoire ni dissuasif, surtout quand les plus-values sont exonérées.

Ajoutez à cela une TVA à 8,1 %, une fiscalité successorale souvent nulle entre parents et enfants, et surtout une stabilité fiscale remarquable. Ici, on peut se projeter à dix ou quinze ans sans craindre un changement brutal tous les deux budgets.

Avec le recul, je comprends mieux pourquoi on se trompe souvent sur la Suisse. Ce n’est pas un pays sans impôts. C’est un pays où le patrimoine n’est pas puni. Où l’investissement est considéré comme une prise de risque utile, pas comme une rente à sanctionner. Je suis saisonnier, pas milliardaire. Et pourtant, la fiscalité suisse m’a permis de faire croître mon patrimoine avec une lisibilité que je n’avais jamais connue avant. Pour un investisseur, ça change tout.

Amélie Damiens

Conseiller financier

DAMIENS DE LYS

11000 Carcassonne

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