Comment investir sur les marchés internationaux ?

Lorsque vous commencerez à diversifier vos investissements au-delà des frontières françaises ou européennes, une nouvelle dimension apparaîtra : celle des devises. Investir sur les marchés internationaux, c’est saisir des opportunités de croissance mondiale, mais aussi accepter l’exposition au risque de change. Un paramètre souvent sous-estimé, alors même qu’il peut amplifier vos gains ou vos pertes.

Investir aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni ou dans les pays émergents implique d’acquérir des titres libellés dans la monnaie locale : dollars, yens, livres sterling. Contrairement à un investissement en zone euro, la valeur de votre placement dépend alors non seulement de la performance du titre, mais également de la fluctuation de la devise. C’est ce que l’on appelle le risque de change.

Prenons un exemple simple. Vous investissez dans une action américaine. Si sa valeur progresse de 5 % mais que, dans le même temps, le dollar perd 5 % face à l’euro, votre gain financier réel est neutralisé. A l’inverse, une appréciation du dollar peut améliorer votre performance, même si l’action stagne. Le risque de change est donc une arme à double tranchant. Il accentue les variations et impose une discipline supplémentaire.

Ce risque est influencé par la politique monétaire des banques centrales, la conjoncture économique, la stabilité politique et les flux commerciaux entre les zones géographiques. Une hausse des taux américains renforce souvent le dollar ; une crise politique au Royaume-Uni affaiblit généralement la livre sterling.

Faut-il pour autant renoncer aux marchés internationaux ? Bien au contraire. Ils restent une source de diversification essentielle. Les cycles économiques sont rarement synchronisés, et la croissance peut se trouver ailleurs que dans votre zone d’investissement habituelle. Toutefois, cette ouverture doit s'accompagner d’une gestion rigoureuse du risque de change.

Plusieurs solutions existent. Certains fonds d’investissement ou ETF proposent une version « couverte » qui neutralise le risque de devise, en répliquant la performance de l’indice étranger tout en bloquant l’effet des fluctuations monétaires. Cette couverture a un coût, mais elle offre une meilleure lisibilité de la performance, particulièrement utile pour les investisseurs prudents.

A l’inverse, les versions non couvertes exposent pleinement au risque de change. Elles peuvent être pertinentes lorsque la devise locale présente une tendance structurellement favorable ou lorsque l’on recherche une diversification plus complète.

Investir à l’international n’est pas une stratégie secondaire, mais un axe essentiel d’un portefeuille équilibré. De la même manière que l’on diversifie ses classes d’actifs, on diversifie ses zones géographiques, à condition de maîtriser les implications monétaires. Le risque de change n’est ni un frein ni une opportunité en soi : c’est une variable à comprendre, intégrer, et piloter avec discernement. Penser long terme, diversifier, maîtriser les risques, telle doit être l’approche pour tirer pleinement parti des marchés internationaux.

Amélie Damiens, Expert en gestion de patrimoine

Cabinet de conseil DAMIENS DE LYS,

Carcassonne, Occitanie, France

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